Mon coup de cœur pour Balthazar - Julie Corrales

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Mon coup de cœur pour Balthazar

Mon coup de cœur pour Balthazar - Julie Corrales

J’adore les gadgets en tout genre. J’avais vraiment eu un coup de cœur pour une horloge que je posais sur mon bureau et qui s’appelait Balthazar. Enfant, comme je suis une fille, personne n’avait eu l’idée de m’offrir ce dont je rêvais le plus, mais que je n’osais pas demander : un robot. En acier chromé, ses yeux étaient amusants, car ils donnaient l’impression de tourner. Le haut du robot était une demie bulle transparente qui laissait voir un cerveau d’acier et de d’engrenages. L’heure était lisible sur deux roulettes qui tournaient. Les autres pièces étaient visibles, tournant doucement au rythme des secondes, tout en étant parfaitement silencieuses, détail très important pour moi, car je ne peux travailler que dans un silence total.

J’avais vu Balthazar dans une boutique, alors que je revenais de mon soin pour mes varices au laser. L’allure de l’objet m’avait tout de suite séduite. Le bras gauche ressemblait à une mitraillette, mais il servait en réalité à remonter l’horloge. Elle pouvait rester en marche pendant une quarantaine de jours, d’après le vendeur. L’autre bras évoquait la forme d’un obus. Tout cela dans le style d’un film pour les enfants que j’affectionne particulièrement, The Iron Giant. L’aventure du petit garçon de ce dessin animé m’avait profondément marquée lorsque j’étais encore une petite fille. J’avais compris que les différences entre deux êtres ne les empêchaient pas de s’aimer. Ce robot semblait être celui du film qui se serait remonté.

Avec cet objet sur mon bureau, j’étais encore plus créative qu’avant. Mon âme d’enfant était revenue en moi. Je prenais aussi le temps, maintenant, de me promener dans les rues de ma ville avec un appareil photo, comme avant. J’aimais faire des portraits des passants que je croisais. Je leur demandais toujours leur permission. J’avais ainsi pu prendre une vieille dame et son énorme chien, un dogue allemand, qui lui arrivait presque au niveau de la poitrine tant la taille de l’animal, était impressionnante et celle de sa maîtresse réduite. Un pigeon qui s’était posé sur le camion d’un marchand de glaces m’amusa beaucoup. Il posait au côté de la glace géante en plastique qui décorait le véhicule du vendeur. J’ai aussi croisé un petit garçon qui allait à une fête d’anniversaire déguisée. Il avait un costume de robot, je ne pus m’empêcher de lui demander si je pouvais prendre un cliché de lui. Très fier, il descendit de son vélo pour que le prenne en photo.