Souvenirs de moments passés à la ferme - Julie Corrales

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Souvenirs de moments passés à la ferme

Souvenirs de moments passés à la ferme - Julie Corrales

J’avais des souvenirs très nets de la ferme de mes grands-parents. J’allais les voir à chaque vacances d’été et je restais deux mois avec eux, dans les forêts et dans les champs. Ils avaient de nombreux animaux. Ma grand-mère m’avait expliqué que les vaches mangeaient de l’herbe haute, mais les chevaux, les moutons, et les oies, broutent de l’herbe courte. Ensuite, les cochons mangent les racines et la terre est quasiment prête à être cultivée. Les céréales qui pousseront ensuite seront consommées par les poules, mais aussi tous les animaux qui profiteront d’un excellent fourrage. Le lait écrémé de la vache qui reste après que mes grands-parents aient fabriqué du fromage pourra être donné au cochon. L’explication de ce cycle naturel était gravée à jamais dans ma mémoire. Mon grand-père ajoutait que les ruminants arrivaient à se répartir la nourriture, car les animaux vivent en symbiose avec la nature. Malgré sa grande connaissance de la littérature, il professait une foi inébranlable dans le savoir issu de l’expérience.

J’avais des moments avec eux avec lesquels je me fis un refuge de souvenirs tout au long de ma vie. Mes parents étaient, eux aussi, très présents. Ils venaient pendant une quinzaine de jours me rejoindre. Nous allions chaque année dans une grande salle de réception Montreal où nous retrouvions toute la famille, les cousins et cousines, les oncles et les tantes. Ensuite, nous allions tous dormir chez mes grands-parents et les matins étaient merveilleux. Nous nous levions tôt, en silence, profitant du silence de nos parents. Nous courrions ensuite dans l’herbe humide de rosée pour aller près du bord de l’étang et nous lancions du pain aux canards. Je savais qu’ils n’étaient pas chassés mais que leur présence régulait la population de serpents. Nous allions ensuite dans le champ et nous nous amusions à donner du grain aux poules que mes grands-parents laissaient sur ce carré de terre. Elles se nourrissaient des graines éparpillées. Certaines me plaisaient plus que d’autres : blanches, les pattes recouvertes de plumes, elles avançaient en se dandinant.

J’avais vécu de merveilleux moments lorsque j’étais petite. Mon enfance fut un âge d’or, comme celui que Kenneth Graham décrit dans son livre. Les personages de The Wind in the Willows m’accompagnent encore. J’ai toujours adoré Taupe et Blaireau, le bourru et casanier, me fait penser à un de mes oncles. À présent, je lis ces histoires à mes enfants lorsque nous allons dans la maison de mes grands-parents.